Sujet du mois de mai 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Un temps pour tout, un temps pour qui ?

Petite méditation autour de Qohelet

Comme les amis des groupes Nicodème qui ont abordé le livre de l’Ecclésiaste j’ai senti à quel point toutes les facettes de ma vie sont mises en question par ce texte beau mais rude. Rien de mieux pour le sentir que le chapitre 3 et son poème sur le temps, ouvert par le fameux « il y a un temps pour tout, un temps pour chaque chose sous les cieux … ».
Il peut sembler difficile de fonder une philosophie, une croyance, une foi à partir de ces versets qui paraissent au premier abord relever d’une sagesse populaire doublée d’un sens aigu de l’observation : n’est-il pas évident que la succession des saisons s’accorde avec celle des âges de la vie comme d’autres événements ? Mais quel rapport avec Dieu me dira-t-on ?
Le texte hébreu, de fait, opère de manière plus subtile, s’énonçant au sens propre « il y a une saison pour tout, une durée pour chaque désir sous les cieux ». Oui, cet insaisissable temps c’est autant un rythme qu’une durée, pas seulement un ordre du monde qui serait plus ou moins cyclique mais aussi une inclination, un désir … et finalement, un temps pour l’homme, être de désir s’il en est.
Mais quand l’homme est en question, dans la Bible, Dieu n’est pas loin (et inversement). Vous Le rencontrerez aux versets 10 et 11, littéralement : « J’ai constaté combien les humains sont préoccupés par les questions d’existence que Dieu leur a mises au plus profond pour qu’ils s’en occupent. Il fait toute chose belle en son temps, et même le sentiment de l'éternité, il l’a donné à leur cœur … ».
Qohelet insiste donc sur le fait que Dieu fait le temps qui passe et revient, les saisons, les joies et les peines, les paix et les guerres, un temps qui est celui de nos liturgies, et il insiste aussi sur le fait que Dieu crée l’éternité (c’est bien pour cela qu’on traduit parfois Elohîm par « Éternel ») et la rend pensable, sinon accessible, à l’homme. Quoi de plus transcendant que l’éternité ? N’est-il pas extraordinaire que notre modeste cervelle puisse formuler un concept aussi illimité et inaccessible ?
Cette découverte de Qohelet, je la trouve aujourd’hui d’une extra-ordinaire pertinence : ne nous dit-il pas que Dieu n’habite ni montagne, ni désert, ni temple, ni sanctuaire, ni aucun lieu précis, mais que s’Il habitait quelque part ce serait dans le temps et pas dans l’espace, dans le temps renouvelé des fêtes de Pâques, Pentecôte, Noël, dans le temps de l’attente messianique, dans le temps de l’urgence face à la misère mais aussi dans le temps silencieux et presque immobile de la prière.


Robert Cabane

 

Un temps pour la prière

   Le temps qui passe, le temps qu’il nous reste à vivre, le temps que nous consacrons à lire la Bible avant d’entamer une nouvelle journée…
Pour certains d’entre nous la participation à un groupe « Nicodème » ou aux études bibliques est un temps mis à part pour nourrir notre vie et amènera peut-être à participer à un groupe de prière.
Prier avec d’autres chrétiens fortifie notre foi. Partager nos préoccupations, nos espoirs, les soucis de la maladie d’amis et de proches, la joie d’une guérison ou l’apaisement et la disparition d’un conflit, d’une injustice réparée, c’est réconfortant et nous rend joyeux. Je sais que notre pudeur protestante ne nous porte pas à prier à haute voix, mais quand une prière monte en nous comme un chant d’oiseau qui prend son envol, pourquoi vouloir la retenir ? Ecouter avec respect la louange ou la demande est bon pour chacun et nous savons que Jésus est au milieu de nous.
Je pense souvent à la prière des générations qui nous ont précédés, à celle de ma mère qui n’a pas eu le temps de vieillir et a prié pour mes sœurs et moi, sans savoir quelle vie serait la nôtre.
Il y a des jours de « sécheresse » où aucune prière ne vient spontanément et, comme je ne suis pas un moine qui se met en « état de prière », je pense qu’il y a aussi dans la semaine des jours sans soleil.
La joie et la confiance que j’avais retrouvées dans les retraites spirituelles de Pâques et de Pentecôte sont toujours présentes au fond de moi et je les retrouve en prenant le temps de chanter et de prier dans mon Eglise aussi imparfaite que moi, mais que Dieu aime.


Marianne Kressmann


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