Sujet du mois de janvier 2008

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi l’Eglise a-t-elle besoin de la Diaconie ?  

Soyons clairs ! Le témoignage est une donnée fondamentale de la foi. Nous y sommes tous appelés à titre individuel et communautaire. Et nous savons tous pertinemment que compréhension de la foi et témoignage vont de pair, comme on reconnaît l’arbre aux fruits qu’il porte (ou non). L’épreuve de vérité, si vous préférez !
Témoigner de sa foi, c’est pratiquer l’amour reçu et, ce faisant, transmettre la Bonne Nouvelle de l’Evangile. Témoigner, Evangéliser, c’est être, au mieux engagé et, au pire contraint de mettre en adéquation ses actes avec ses paroles, ses convictions avec ses actes. Une obligation de moyens plus que de résultats d’ailleurs ! Au risque de passer pour un menteur, un hypocrite, un rigolo ou un béni oui oui.
Avouons-le ! Ni le culte dominical, ni la catéchèse, l’étude biblique, la prière ou tout autre activité interne constituée, toute aussi essentielle soit-elle pour la cohésion communautaire ne peut prétendre atteindre l’impérieuse nécessité et vocation de manifester concrètement au monde l’amour gratuit de Jésus-Christ.
Pour ce faire, et pour faire court, l’Eglise a recours et donc besoin de lieux et de temps habituels où l’on peut exercer et s’exercer au service, diaconie en grec. Personnellement, j’ai toujours préféré la théologie pratique à la dogmatique et la diaconie au discours « ex cathedra ». Et ceci pour trois raisons au moins que je distingue aujourd’hui plus nettement qu’hier.

1. La diaconie lieu et temps d’engagement

Le « service » permet aux croyants que nous sommes de témoigner de leur foi, d’incarner le discours de l’Evangile, de pratiquer notre propre conversion à l’amour de Dieu pour nous, d’éprouver la foi « grandeur nature », c’est-à-dire en la confrontant au réel des situations et des gens rencontrés (notre prochain), vulgariser un langage qui a toujours besoin de l’être (exégèse, actualisation, signification) parce que difficile et lointain. C’est dans l’engagement concret que la foi s’appréhende, s’apprivoise, s’épure, va à l’essentiel, trouve consistance… et utilité. Mais, c’est aussi dans l’engagement collectif que se manifeste réellement la communauté de service, qu’elle prend dimensions, force, qu’elle s’épanouit…qu’elle témoigne donc ! Joie du service rendu. S’engager dans le service, c’est, mieux que tout, découvrir rapidement la place qui vous est préparée. Bref ! Pouvoir devenir ce que l’on est déjà : un serviteur.

2. La diaconie lieu et temps d’apprentissage

C’est dans l’action commune, les difficultés rencontrées, les combats menés ensemble, c’est dans l’appropriation du réel que s’éprouve la foi, bien mieux qu’ailleurs…et que cette foi peut se transmettre. Car, c’est en forgeant, en pratiquant qu’on devient serviteur, chrétien convaincu. C’est au travers de l’exemplarité des situations vécues, des participants et compagnons de route côtoyés que se transmet la foi, son intelligence, sa pratique, son sens, son intérêt, sa compréhension. De facto. L’œuvre diaconale est un vecteur concret et puissant de la transmission de l’Evangile. In situ. Je le sais pour le vivre tous les jours : sur le terrain de ma foi, partagée avec tant d’autres pourtant si différents de moi, je sais quoi transmettre de ma foi. Humblement mais avec certitude.

3. La diaconie lieu et temps de visibilité

L’Eglise n’a pas le monopole de la fraternité, du partage ni même de l’amour du prochain ! Il y a sur ce champ-là du service à l’autre, convergences d’intérêts, de motivations et d’objectifs humains. Quand on sait de quoi on parle, on peut faire route ensemble quelque soit le partenaire. Et les Chrétiens que nous sommes y ont tout à gagner, si je puis dire ! Leur action est rendue visible, partageable, co-habitable. Et elle devient tout à coup et du même coup crédible. Et l’amour de Dieu, peut être lui aussi rendu authentique, expérimentable, fréquentable…
« Vous êtes le sel de la terre. Vous êtes la lumière du monde » ; « Pourquoi dites-vous, Seigneur, Seigneur, et ne faites-vous pas ce que je dis ? »

Pasteur Pascal Vernier

 

 

 

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