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Sujet du mois d'avril 2007
SEMAINE SAINTE
Rameaux
Alléluia ! Tous derrière Jésus ! 
Votez pour la simplicité !
La fraternité au pouvoir !
Dans cent jours l'Esprit nous gouvernera ! Hosanna !...N'était-il pas temps que le peuple se réveille, et prenne son destin en main ? Ne fallait-il pas que le micro-projet de Jésus et de ses disciples change de dimension, que son message si nouveau soit répandu le plus largement possible ? Ah, il ne manquait pas d'allure cet épisode dit "des Rameaux"... Mais dites-moi, cet enthousiasme du peuple, cette euphorie, cet universalisme est-ce bien le seul message ? Jésus est-il vraiment un roi marchant vers le pouvoir au pas de son âne, bercé de palmes ?
Est-ce la couronne de lauriers ou la couronne d'épines que vous attendiez ?
Robert Cabane
Jeudi saint
Dans les jours qui conduisent Jésus au Calvaire, la soirée du Jeudi Saint est incontestablement sous le signe de la tristesse :
Tristesse de Jésus qui sait que c’est pour lui la dernière Pâque, qui sait que Judas le trahira et qui va connaître l’angoisse et la solitude du jardin de Gethsémané ;
Tristesse des disciples qui entendent Jésus parler de sa fin et de la trahison dont il sera la victime ;
Tristesse de ce récit encadré par l’annonce de la trahison de Judas et celle du reniement de Pierre, avec, chez Luc, la dispute des disciples, après la Cène, pour savoir lequel d’entre eux est le plus grand. Le péché humain s’étale sous les formes les plus lamentables...
Mais dans cette tristesse, l’espérance resurgit, car Jésus ne se scandalise pas. L’indignité des disciples est intégrée dans le plan du Salut : c’est à des hommes incapables de faire le bien que Jésus institue, par la Sainte Cène, la Nouvelle Alliance, le pacte renouvelé par lequel Dieu veut bien renoncer à son jugement.
Et la joie du Jeudi Saint est dans cette communion avec Jésus, communion par le vin et par le pain qui atteste la présence de Jésus en nous et parmi nous et communion avec les autres, puisqu’en prenant le même vin et le même pain, nous ne formons plus qu’un seul corps.
Par le partage du pain et du vin, image du don total de sa personne, Jésus songe, au delà de sa mort, à sa résurrection, à son Eglise, à l’avènement de son règne. Et la tristesse du dernier repas s’accompagne donc d’espérance et de joie.
Catherine Bouscharain
Vendredi soir

Le désarroi des disciples
Quelle journée ! Tout s’écroule autour de nous, les disciples…
Jésus s’est laissé arrêter sans résistance, et pourtant nous étions prêts à nous battre pour lui. Il s’est à peine défendu devant Caïphe et devant Pilate. Il n’a pas pris la parole pour convaincre le peuple de son innocence. Finalement il s’est laissé crucifier et mourir sans réagir, sans montrer sa puissance. Et nous, nous sommes obligés de nous cacher…
Dimanche dernier, il entrait triomphant dans Jérusalem, et voilà où nous en sommes ! Est-ce que nous nous serions trompés en le prenant pour Maître ? Tout ce qu’il nous a dit sur son règne à venir, ce n’était que du vent ?
Est-ce que ce n’était qu’un homme ordinaire, après tout ?
Etienne Haegel
Samedi
Il n'y a pas jour plus ordinaire que le samedi saint ... en ceci il est presqu'extraordinaire. Il ne se passe rien. Les événements se sont joués de leurs acteurs. L'immobilité du vendredi, derrière eux. L'annonce du dimanche, devant eux. Entre deux. Comme souvent dans la vie.
Peut-être que le samedi commence déjà le vendredi soir ... il y eut un soir, il y eut un matin. Un soir après une déchirure, un cri. Comment cette entrée dans la nuit est-elle vécue ?
Les disciples sont-ils lourds d'un élan coupé, à jamais ? 
Il est mort. Pour de bon !
Fatigués d'avoir oser espérer contre toute raison possible ?
La tension tombée, perdus comme dans une paralysie ?
Marqués par un refus violent, ne rien vouloir savoir...
Et un nouveau matin se lève, sur la lourdeur et la colère, sur le désespoir et la fatigue. Faire ce qui compte.
Faire les gestes de chaque jour ou refuser de les faire.
Taper sur les murs, ou s'emmurer ?
... et chaque acte semblera vide sans cette référence à la mort de Jésus. Quoi faire, quoi dire, quoi vivre ?
Oser regarder la mort de Jésus, voir sa disparition de face, est la seule possibilité de ne pas se perdre dans cette journée ordinaire. Quelques femmes l'osaient. Elles s préparaient à se mettre en route de nouveau. Se trompaient-elles de cible ? Peut-être. Embaumer un mort ne mène pas loin, diront certains avec aisance. Embaumer un mort est peut-être une station essentielle pour que la vie puisse être accueillie à nouveau. Demain ou après-demain.
Aujourd'hui ... tenons-nous dans cette immobilité de laquelle peut émerger une vie renouvelée !
Angélika Krause
Pâques
Le tombeau est vide !
Constat bouleversant : le corps de Jésus n’y est plus car Jésus a retrouvé la vie. Il est vivant !
Le jour de Pâques est le révélateur de la puissance de Dieu : on peut dire que c’est le plus grand jour de l’histoire de l’humanité parce qu’il est unique et qu’il nous apporte la certitude que la mort est vaincue. C’est la victoire éclatante de la vie sur la mort, sur toutes les formes de mort. Désormais, plus rien ne sera comme avant. Contre l’évidence de la mort qui nous est coutumière, Pâques affirme la vie, la supériorité incontestable de la vie.
Jésus est vivant ; il nous appelle nous aussi à la vie, ouverte sur l’espérance, parce que s’il a vaincu la mort, ce n’est pas à son seul profit, dans un désir égoïste de retrouver la gloire. Non ! La mort a été vaincue aussi pour chacun d’entre nous, pour vous et pour moi, quelle que soit notre race, que nous soyons humbles ou puissants, ouvriers ou patrons, pauvres ou riches, ignorants ou savants.
Nous sommes, certes, tous mortels, mais appelés à devenir des vivants, appelés à la vie éternelle. Dans les pas de Jésus ressuscité, nous sommes invités à choisir la vie, à regarder l’avenir, c’est-à-dire à suivre le même chemin que lui. Il nous précède, nous entraîne, tel un premier de cordée ou un éclaireur qui ouvre la route au convoi.
Pâques, c’est aussi l’assurance que Dieu n’a pas abandonné Jésus aux mains de ses ennemis. En Jésus, c’est le règne de Dieu qui fait irruption dans notre monde. Dieu nous invite à chercher et à trouver Jésus dans le monde des vivants. Cela signifie pour nous deux choses :
1° : Le message de la résurrection est un message de victoire, de gloire et de confiance : la mort a bien été vaincue. Notre foi, ce n’est pas un rituel culte du souvenir, chaque année, un dimanche de printemps. C’est rencontrer chaque jour le Seigneur vivant, c’est l’écouter nous parler, c’est mettre en pratique sa Parole.
2° : Le bouleversement de la résurrection nous appelle à une vraie vie, à une vie nouvelle, à une autre manière de voir le monde et les hommes. Rencontrer Jésus vivant, c’est le laisser agir en nous pour nous délivrer de l’égoïsme, du refus de pardonner, du mépris pour ceux qui ne sont pas comme nous, de l’esprit de domination et de possession. Suivre le Seigneur vivant à tout jamais, c’est refuser le mensonge qui nous pousse à nous réaliser par la puissance ou la richesse.
Le message de Pâques nous appelle à une conversion quotidienne, à un passage de l’obscurité à la lumière, de la mort à la vie.
Bernard Prabonnaud
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