Permanences de la CIMADE
pour l’accueil de nos frères et sœurs étrangers
L’accueil est réalisé dans les locaux de la paroisse protestante du Hâ par une dizaine de bénévoles de différentes confessions et de parcours professionnels différents. Les compétences requises sont de l’ordre de l’écoute ; elles nécessitent une certaine dimension humaine, la reconnaissance de la richesse de la différence, même si des compétences juridiques et sociales sont les bienvenues. Les permanences ont lieu deux après-midi par semaine (mardi et jeudi), dans un esprit d’ouverture, une attitude d’accueil et de disponibilité que suppose la rencontre de personnes de culture et d’origine diverses, porteuses d’une histoire souvent lourde.
Les personnes reçues viennent pour diverses raisons : constitution de dossier pour une demande d’asile politique, demande de naturalisation, de regroupement familial, problèmes personnels, problèmes de santé sans possibilité d’être soignées dans leur pays, cas des couples mixtes, …
Les permanences sont également un moment privilégié pour la réception du courrier administratif ou personnel, la CIMADE ayant l’accord préfectoral pour la domiciliation des étrangers. Elles débouchent parfois sur l’accompagnement de personnes pour des démarches plus administratives, afin de leur assurer un soutien autant pour eux-mêmes que face à l’administration.
Pour mieux comprendre ce que nous vivons, partageons maintenant quelques éléments d’un après-midi « type ».
A l’arrivée, nous recueillons et classons le courrier, portant une attention particulière aux recommandés et aux lettres officielles. Nous écoutons et notons les messages téléphoniques reçus sur le répondeur et rappelons en cas de besoin ceux qui demandent une réponse. Nous prenons connaissance de ce qui a été noté des visites de la dernière permanence, afin de permettre le suivi des personnes si elles se présentent.
Les étrangers qui viennent nous trouver le font pour de multiples raisons
1- Courrier
L’un de nous est plus particulièrement attentif à cet aspect. Avant de remettre les lettres, il s’assure de l’identité du demandeur et s’assure, surtout dans le cas de lettres officielles, qu’il en a bien compris le contenu. Il l’explique et prend une photocopie du document qui est conservé dans le dossier. Quelle joie pour nous quand la lettre informe que la demande d’asile est acceptée !!!! En cas de nécessité, nous prenons le temps de rechercher les suites à donner pour faire aboutir le dossier.

2-
Demandes plus personnelles
Dans ce cas, un(e) d’entre nous procède à un entretien, dans le respect de l’histoire intime, souvent douloureuse, de l’étranger. L’écoute peut déboucher sur plusieurs possibilités :
- une orientation vers l’institut de défense des étrangers (IDE), une prise (ou reprise) de contact avec un avocat, une orientation vers Médecins du Monde (MDM) ou vers le CAIO,
- ou sur la constitution d’un dossier qui peut nécessiter un rendez-vous à une date ne correspondant pas forcément à une permanence,
- ou sur l’incitation à revenir après avoir rassemblé les éléments nécessaires (légaux ou personnels) pour faire face à la situation.
Dans la mesure du possible, nous essayons d’être deux au moment de l’entretien pour essayer de mieux saisir la situation et de mieux répondre à la demande.
3- Demandes à caractère social
Les personnes qui n’ont pas de moyens financiers, qui ont des problèmes d’alimentation, de logement, de santé,… sont dirigées vers les associations adéquates (Diaconat, MdM, Saint Vincent de Paul, Foyer fraternel, Mamré, Emmaüs, Secours Catholique, etc…)
4- Problème des « sans-papiers »
On entend par « sans-papiers » des personnes déboutées du droit d’asile ou qui sont en France clandestinement depuis un certain temps.
Ces personnes sont souvent en recherche d’un travail ou de la régularisation de leur situation. Cette démarche nous amène parfois à prendre contact avec la DDTE afin de trouver une issue à de telles demandes.
Les couples dits « mixtes », parce que constitués par un(e) français(e) et un(e) étranger(e), parfois parents d’un enfant français sont parfois confrontés à de graves problèmes de régularisation, même lorsque le mariage a été célébré en France et qu’il y a un enfant français.
Les permanences, même si elles sont limitées à deux après-midi par semaine, enclenchent souvent un temps plus long pour la rencontre avec des « partenaires », pour la constitution des dossiers, la recherche d’éléments de la loi sur lesquels s’appuyer.
Afin de nous maintenir à jour dans l’évolution constante des lois et de leurs décrets, mais aussi pour une meilleure connaissance des associations travaillant dans le même sens, nous nous réunissons une fois par mois pour un temps d’information, de formation, de rencontre et d’échanges sur des cas particuliers. Les courriers mel nous permettent aussi de nous informer sur les nouvelles lois.
Malgré nos horizons différents, ce qui nous habite sert de ciment pour ce que nous voulons offrir à nos frères et sœurs étrangers.
Depuis que Dieu s’est fait Homme, tout visage humain devient lieu de sa rencontre
(livre de vie, Ursulines de Jésus)
C’est ce que nous essayons de vivre, humblement et simplement, dans le quotidien de la CIMADE, au moment des permanences.
Chantal Garrigou-Lagrange et Sœur Dominique