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Sujet du mois d'octobre 2006
Dieu nous accueille tel quels
Durant
la préparation de cet article consacré à l'accueil dans notre église,
le chant " Tel que je suis " s'est imposé progressivement à moi. A
l'écoute, il peut paraître délicieusement rétro. Néanmoins, en une
phrase, il résume, à mon avis, une vérité biblique mis en évidence
par la Réforme et qui devrait retrouver toute sa dimension dans nos
communautés. Qui que nous soyons, quelle que fut notre histoire et
notre parcours, où que nous en soyons vis à vis de Lui, Dieu nous
accueille TELS QUELS. Et il nous parle.
Déjà
dans le Premier Testament, Dieu se manifeste comme un Dieu de parole
et de relation. Il est celui qui met en relation les femmes et les
hommes. A cet effet, près de la moitié des verbes les plus employés
dans ce corpus sont des verbes de communication.
Mais c'est dans le Nouveau Testament que l'accueil de Dieu revêt sa
forme la plus accomplie. Le texte le plus explicite est celui de Col
3/11 : " là, il n'y a plus Grec et Juif, circoncis et incirconcis,
barbare, Scythe, esclave, homme libre, mais Christ : il est tout et
en tous ". C'est un verset que j'affectionne particulièrement depuis
l'adolescence car il rend compte de l'universalité de l'amour de Dieu,
repris en Ga 3/28 : " Il n'y a plus ni Juif, ni Grec ; il n'y a plus
ni esclave, ni homme libre ; il n'y a plus l'homme et la femme ; car
tous, vous n'êtes qu'un en Jésus Christ ".
Dans
ces deux passages, Paul s'adresse, certes, aux membres des communautés
respectives, " ceux qui ont revêtus le Christ ", mais ce faisant,
il dévoile le projet de Dieu pour tout un chacun.
Ce
n'est donc pas un hasard, si les Réformateurs s'appuient sur ces deux
versets pour affirmer que Dieu ne fait " acception de personne ",
qu'il accueille largement. Luther, par exemple, commente Ga 3/28 en
précisant qu' " En Christ, là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas
non plus de différence entre les personnes ". Cette compréhension
de l'accueil pluriel de Dieu fait écho à la Lettre au Romains, qui
a été le déclencheur de la démarche de Luther, et par voie de conséquence
de la Réforme. En Ro 8/1, nous lisons " Il n'y a donc, maintenant,
plus aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus Christ ". Accueillis
par Dieu tels que nous sommes, nous sommes appelés à nous accueillir
les uns les autres. Comment actualiser aujourd'hui cette affirmation
?
En
premier lieu, sans doute dans l'Eglise ou, plus concrètement dans
la communauté locale, pour peu que l'on ne perde pas de vue sa dimension
d'ouverture à autrui. L'Eglise, la communauté, le lieu de culte se
doivent d'être accueillants, jusque dans les moindres détails matériels.
A titre d'exemple, la CCL du centre a choisi depuis plusieurs mois
de mettre l'accent sur l'accueil au culte.
Mais
l'accueil ecclésial peut aller au delà, il concerne l'investissement
dans la cité. Un théologien protestant va même jusqu'à affirmer que
" Le sacerdoce universel, concerne la façon dont le croyant s'implique
dans l'Église, mais concerne également, et de manière non moins significative,
son implication dans le monde ".
L'Eglise
Réformée de Bordeaux a fait le choix de cet engagement social, original
et reconnu par tous, au nom de l'accueil voulu par Dieu pour les "
plus petits " (Mt 25/40). Le projet de vie de l'ERFB veut réaffirmer
cette priorité pour les années à venir. Il s'agit d'une seule et même
réalité : tous accueillis par Dieu, nous sommes invités à accueillir
à notre tour.
Jean-Daniel
TOUREILLE
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